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Les Wilds: un voyage pour un changement de vie

Escales

La transat pour de vrai

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25/12/2020

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Jour 1 – 11 décembre – 140 NM

Cette fois on croise les doigts pour que ce soit la bonne. Nous sommes mercredi 11 décembre 2019, 11h.00, le ciel est gris, 25 noeuds de vent sont annoncés et pas mal de houle, mais on est prêt! Départ musclé, on prend 35 noeuds dans le canal entre les îles, on a juste la trinquette et on se fait brasser sec. Histoire d’être tout de suite dans le vif du sujet. Après quelques heures ça se calme sous le vent des îles et c’est un premier repos bien mérité avant le retour de la houle. C’est Gauthier qui nous fait à manger ce soir car personne n’est motivé. C’est les montagnes russes. Il nous sert des super pâtes mais il ne peut pas manger car c’est lui qui se sent mal cette fois 🙂 Le vent se stabilise avec 20 à 30 noeuds, on tangonne le génois, le pilote tient malgré la forte houle. On est parti pour la première nuit.

Jour 2 – 12 décembre – 138 NM

Même conditions de vent et de houle. On s’entraîne à barrer la journée à tour de rôle au cas où le pilote nous lâcherait. Ça nous occupe et c’est assez cool en fait. On a trop l’habitude de laisser faire le pilote.

Jour 3 – 13 décembre – 144 NM

Pour ce vendredi 13, il nous fallait quelque chose de particulier. Grâce à un hublot resté ouvert pendant le repos d’un équipier, associé à un magnifique départ au lof qui a mis le dit hublot dans l’eau, la cabine de Claude a été inondée. Il faut vider entièrement sa cabine et éponger des litres dans les fonds. Dans cette cabine il reste une bonne partie des affaires de Lou qui sont irrécupérables. Appareil photo, affaires d’école, partitions, livres tout neufs pour son année scolaire. Sans parler des matelas, oreiller et couette, qu’il est impossible de faire sécher sans un rinçage à l’eau douce. Ce sera les plaisirs de l’arrivée en Martinique. Rien de bien grave au final, mais une légère diminution du confort à bord.

Jour 4 – 14 décembre – 150 NM

Le pilote lâche environ une fois par jour depuis le départ. Pas de raison apparente, pas de message. On est vigilant et on continue à barrer un peu la journée et à réinitialiser le calculateur au moins une fois par jour. Nous fêtons nos 17 ans de mariage aujourd’hui. La houle a diminué, c’est notre cadeau. On a enfin pu dormir un peu mieux et on avance plutôt bien jusque là. Et le must pour la fin de journée, les dauphins sont venus nous fêter. Juste magique! Des fois c’est dur et des fois c’est le pied:-)

Jour 5 – 15 décembre – 164 NM

Ce matin le vent est plus de travers et on peut enlever le tangon. On garde la génois mais on ne sort pas la grand voile. Le vent a forci à 25 noeuds avec des rafales à 30 et la houle de 3 mètres est assez courte, mais on fonce. Et ça c’est top. Pendant la nuit un bruit nous réveille, « petit moment de panique à bord », c’est dans le gréement. Ça tape et ça vibre dans les haubans. On enroule la voile, on met le moteur mais le bruit persiste. On inspecte le gréement comme on peut avec cette houle et finalement on remet les voiles et on continue avec ce nouveau bruit. On ne peut rien faire de plus.

Jour 6 – 16 décembre – 161 NM

Ce matin les vagues sont plus arrières et moins de travers et le bruit à quasiment disparu. Nous voilà à peu près rassurés. je retrouve encore un peu d’eau dans les fonds et quelques vivres ont moisi. Mais on trace et on adore. La Martinique nous voilà…

Jour 7 – 17 décembre – 157 NM

Première douche à l’arrière du bateau sous un soleil radieux. L’Océan est chaud et les températures nous annoncent l’arrivée imminente sous les Tropiques. Je commence à revivre. Depuis qu’on a remis le tangon, on a plus de bruit suspect dans le mât, on est vraiment dans le rythme maintenant et même si c’est long, c’est beaucoup plus facile. Gauthier est d’une grande aide, il cuisine souvent et nous passons de super moments en sa compagnie. Claude pêche, un peu trop à mon goût mais si vous me connaissez, vous comprenez. Il fait d’autres heureux…

Jour 8 – 18 décembre – 162 NM

Journée à grains. Ils se succèdent toute la journée. La bonne nouvelle c’est qu’on avance super bien et que même si le vent va un peu faiblir les derniers jours, il devrait se maintenir jusqu’au bout.

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Ils ne savent pas encore qu'ils vont le faire...

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Les belles miches de Gauthier :-)

Jour 9 – 19 décembre – 163 NM

Aujourd’hui c’est soleil, le ciel est limpide et il fait de plus en plus chaud. On se fait bien brasser, la houle prévue est bien là et on se réjouit que ça s’arrête. Cuisiner est une séance de sport et je ne parle même pas d’aller aux toilettes! Je vous laisse imaginer 🙂

Jour 10 – 20 décembre – 162 NM

Nous sommes d’une constance effrayante côté distance. Si ça continue on devrait arriver pour Noël, c’est dingue. Pendant la nuit le hale-bas de tangon arrière à lâché. Ça a demandé quelques manoeuvres et tout l’équipage a participé. Le bateau était envahi de poissons volants suicidaires. Zohra joue volontiers avec et saute dans tous les sens mais ne daigne pas les manger. Elle préfère de loin les dorades de Claude.

Jour 11 – 21 décembre – 144 NM

J’ai parlé un peu vite, on a un peu ralenti aujourd’hui. Le vent a diminué et la houle aussi, du coup la vie à bord est beaucoup plus agréable. On a croisé un voilier aujourd’hui. On le voyait à l’horizon quand tout à coup il a changé de cap et s’est dirigé sur nous. On a pensé qu’il avait un souci et on a essayé de l’appeler sur le canal 16, sans succès. Puis à quelques miles de nous il a repris le cap ouest juste devant nous. On l’a finalement dépassé et on a pu lui parler. Un équipage français en route de Tenerife pour la Martinique et non il n’ont pas de problème mais ont apparemment changé de bord à cause du vent… Rencontre totalement surréaliste au milieu de l’océan. La nuit sera très agréable sous les étoiles.

Jour 12 – 22 décembre – 143 NM

Le vent est toujours avec nous, on réalise que l’on a une chance incroyable. Cette transat ressemble à ce qu’on lit dans les livres sur les Alizés. On n’a pas changé de bord depuis le départ. A part enlever le tangon pour deux jours et le remettre ensuite, on a pas eu besoin de manoeuvrer ou de sortir la grand voile. Je pense qu’il y a une petite étoile qui veille sur nous.

Jour 13 – 23 décembre – 148 NM

Ce matin on a déjeuné avec de la tresse au beurre et de la brioche au chocolat. C’est sûr, quand ça bouge moins, on cuisine plus volontiers. On prépare l’arrivée, on a réservé une place au port du Marin, le bateau ressemble à une maison après un tremblement de terre. Il y en a de partout. Des affaires qui trainent par terre ou qui ont volé à l’occasion, du linge humide qui sent le moisi, des affaires poisseuses partout, des poils de chat, etc… Il est temps de toucher terre.

Jour 14 – 24 décembre – 108 NM

L’arrivée est prévue cette nuit, pour arriver au plus vite on navigue génois et trinquette en ciseaux et on barre jusqu’au bout. Le champagne est au frais et nous au taquet. En passant la pointe sud de la Martinique on entend un choc à l’arrière vers l’hydro générateur. On a touché un objet flottant et une pale d’hélice est voilée. Quelle chance que ça ne nous soit pas arrivé avant. L’hydro nous a assuré pendant toute la traversée de l’énergie à volonté pour le pilote, les frigos, la musique, la lumière et le chargement des ordis pour regarder des films. Un vrai plus. On arrive au mouillage de Sainte-Anne vers 3h du matin heure de la Martinique. C’est l’euphorie à bord, champagne, rhum, chips et tout ce qui reste de comestible à bord, on saute dans l’eau, on chante, on danse jusqu’à l’aube. On l’a fait bordel!!!

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Zohra à son poste.

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La vague... notre compagne fidèle...

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